PGSM: Nicolas Lerner

Nicolas Lerner about PGSM

Nicolas Lerner, Head of the Master in mathematics at the university Pierre et Marie Curie, shares a few words about Paris Graduate School of Mathematical Sciences.

« Il est surprenant de constater que, contrairement aux Etats-Unis, la France attire très peu d’étudiants étrangers, eu égard à la qualité et au prestige de l’école mathématique française. Par exemple, il n’y a pas de raison scientifique au fait que les étudiants grecs ou espagnols préfèrent majoritairement étudier aux Etats-Unis plutôt qu’en France. Les raisons sont certainement de nature administrative et liées bien entendu d’abord au système des bourses universitaires. Beaucoup d’étudiants chinois voudraient venir en France mais doivent, pour y parvenir, effectuer un véritable parcours du combattant. L’un des objectifs naturels de PGSM est par conséquent de renforcer l’attractivité internationale de nos formations de master.
 
Il est remarquable que les trois universités Pierre et Marie Curie, Paris-Diderot et Paris-Dauphine se soient regroupées pour ce programme, sans que ce regroupement ne pose de difficultés de nature administrative. Le fait que les mathématiciens et les autorités universitaires aient réussi à se mettre d’accord est une excellente chose et il me semble qu’il faut porter au crédit de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris une bonne partie du succès de la mise en place de ce projet.
 
En tant que tel, PGSM est quelque chose de tout à fait nouveau : ce projet n’est pas réellement comparable aux ENS, qui recrutent à Bac + 2 des étudiants français qui deviendront des élèves-fonctionnaires et diffère également des programmes de type Erasmus, qui offrent des bourses d’un montant inférieur. Le programme de bourses de PGSM est en effet très attractif et on peut affirmer qu’il existe peu de programmes de bourses aussi confortables au niveau du M1. Cela doit attirer les meilleurs étudiants et améliorer l’ensemble de la formation. Nous espérons également que des étudiants qui traditionnellement viennent peu en France - européens du sud ou de l’est - le feront grâce à PGSM .
 
L’offre de cours en anglais est également un point important de ce programme et une nécessité pour une véritable ouverture internationale. Le programme PGSM peut sans doute agir en cette matière comme un catalyseur et devrait faciliter le développement d’une filière anglophone au sein des masters de mathématiques des universités concernées. Pour avoir un impact plus significatif, il faudrait parvenir à 50, voire 100 bourses par an. Mais on peut d’ores et déjà dire que les 10 bourses prévues pour l’année universitaire 2010-2011 permettent de commencer par quelque chose d’effectif. »