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PGSM: Yves Achadou

Yves Achdou about PGSM

Yves Achdou, Head of the Master in Mathematics at the Université Paris Diderot, gives his opinion about Paris Graduate School of Mathematical Science.

« Mes collègues et moi-même sommes heureux d’avoir été sollicités par la Fondation pour créer ce programme ; c’est une bonne idée que nous allons nous efforcer de mettre en oeuvre. Cette demande coincide avec la volonté de notre UFR de développer une offre de cours en anglais.
 
PGSM devrait nous permettre de recruter de très bons étudiants étrangers susceptibles de tirer les promotions vers le haut et de grossir les rangs de nos doctorants. Une difficulté sera de bien orienter les étudiants recrutés grâce à PGSM après le master pour qu’ils se répartissent géographiquement sur toute la France ; il faut en effet d’une part éviter une trop grande pression sur les bourses de thèse dans la région parisienne, d’autre part veiller à ce que cet apport possible de bons étudiants irrigue les universités françaises.
 
Des programmes internationaux sont en place par exemple au Royaume-Uni et en Allemagne ; il est certainement important que nous ne soyons pas en reste. En France, il me semble qu’un tel programme est tout à fait nouveau. A ma connaissance, il existe des projets d’échanges internationaux avec des consortiums d’universités européennes et américaines, mais il ne sont pas comparables. Par exemple, le projet Atlantis, auquel mon université participe, permet des échanges transatlantiques entre, d’une part, un consortium d’universités françaises, italiennes et espagnoles, et d’autre part un consortium d’universités américaines. Il s’agit de faire traverser l’Atlantique à des étudiants sélectionnés, mais il n’y a pas, comme dans le cas de PGSM, d’appel d’offre international. D’autre part, pour attirer les bons étudiants étrangers dans leurs établissements, les présidents d’université oeuvrent chacun de leur côté et en concurrence. Ici on a un programme pour lequel trois universités se sont associées, ce qui est positif.
 
En Allemagne et dans les pays scandinaves, l’offre de cours en anglais est importante. Dans les pays latins, il y a des réticences sur ce point. Nous pensons que les cours en anglais vont notamment permettre d’attirer des étudiants qui auraient été rebutés par la difficulté d’apprendre une langue supplémentaire. On peut aussi penser que les cours en anglais vont également profiter aux meilleurs étudiants français : puisque l’anglais est la langue dominante des échanges, conférences, publications en mathématiques, il est certainement utile de familiariser rapidement à l’anglais les étudiants désireux de faire de la recherche.
 
On peut compter sur un effet boule de neige de PGSM. Si les premiers lauréats sont satisfaits de nos formations, ils nous feront sans doute une certaine publicité dans leur pays d’origine, ce qui attirera d’autres étudiants étrangers. Il faudrait donc que ce programme puisse s’inscrire dans la durée, d’autant qu’il ne fonctionnera à plein régime qu’au bout d’un certain temps. »