fren

Maryam Mirzakhani

C'est avec effroi que la communauté mathématique mondiale a appris le décès, le 14 juillet 2017, de la première lauréate de la médaille Fields, Maryam Mirzakhani, âgée de 40 ans seulement. Spécialiste de géométrie et de topologie dont les travaux ont d'importantes répercutions dans l'étude des systèmes dynamiques, son parcours exceptionnel avait commencé en Iran, où elle est née en 1977 et où s'est révélé son talent précoce pour les mathématiques. Médaille d'or aux Olympiades internationales en 1994 et 1995, une thèse très remarquée à Harvard sous la direction de Curtis McMullen, un poste de professeur à Stanford à 31 ans et enfin, le 12 août 2014, à Séoul, la consécration et l'entrée dans l'Histoire avec la Médaille Fields, une première tant pour les femmes que pour son pays d'origine, l'Iran. Un parcours fulgurant qui ne manquera pas d'inspirer aussi bien à l'intérieur de la communauté scientifique qu'en dehors, et en particulier chez les jeunes femmes, ainsi que la mathématicienne en exprimait le souhait lors de l'obtention de la médaille : "je serai heureuse si cela encourage de jeunes femmes scientifiques et mathématiciennes".

Avant la Médaille

En 2008, Maryam Mirzakhani accorde une petite interview où elle relate son parcours. On y découvre qu'elle a d'abord rêvé d'être écrivaine, et qu'elle doit sa première émotion mathématique à la démonstration par Gauss de la somme des entiers de 1 à n, ... Lisez cette interview ici.

Août 2014 : le monde découvre Maryam Mirzakhani

Cette vidéo amateur de Florian Caullery nous replonge dans la cérémonie de remise des médailles Fields 2014, à l'ICM de Séoul, où Maryam Mirzakhani fut consacrée.

 

Pour se faire une idée de l'importance des travaux de la mathématicienne, on peut lire cet extrait de l'annonce de l'attribution de la médaille par l'Union Mathématique Internationale : - "Maryam Mirzakhani a apporté des contributions frappantes et très originales à la géométrie et à l'étude des systèmes dynamiques. Son travail sur les surfaces de Riemann et sur les espaces de modules met en relation plusieurs disciplines mathématiques — la géométrie hyperbolique, l'analyse complexe, la topologie, et la dynamique — et les influence à son tour. Elle a bénéficié d'une vaste reconnaissance pour ses premiers résultats en géométrie hyperbolique, et son travail le plus récent constitue une avancée majeure dans l'étude des systèmes dynamiques. [...] À cause de sa complexité et de son inhomogénéité, l'espace des modules a souvent semblé ne pas être propice à une étude directe. Mais pas aux yeux de Mirzakhani. Elle est dotée d'une forte intuition géométrique qui lui permet d'appréhender directement la géométrie de l'espace de modules. Familière avec une remarquable diversité de techniques mathématiques et de cultures mathématiques, elle incarne un équilibre rare entre des performances techniques superbes, une audacieuse ambition, une vision qui porte loin et une curiosité profonde. L'espace des modules est un monde où de nombreux territoires attendent d'être découverts. Mirzakhani est destinée à rester à la pointe de cette exploration qui continue."

Avec l'obtention de la prestigieuse récompense, le talent et la personnalité de Maryam Mirzakhani éclatent alors aux yeux du monde entier, avec d'abord ce petit reportage réalisé par la Fondation Simons et l'IMU pour l'ICM 2014, qui nous permet de faire connaissance avec la lauréate et avec les problèmes qui la fascinent.


Le magazine Pour la science relève à l'époque la gageure d'offrir une description très succincte et accessible de ses travaux sur les surfaces de Riemann. Cliquez ici pour la lire.


Etienne Ghys propose quant à lui dans Images des mathématiques un article plus détaillé permettant au non-spécialiste d'aborder les sujets de recherche de Maryam Mirzakhani. Cliquez ici pour le lire.

Un peu plus ardu, voici la vidéo de la présentation des travaux de Maryam Mirzakhani par Curtis McMullen, à l'ICM 2014 :

ainsi que le texte de cette présentation (cliquez ici).

Enfin, pour le plaisir de voir la chercheuse à l'oeuvre, voici la vidéo d'une conférence donnée à Harvard en 2014 sur la dynamique des espaces des modules de courbes :

Hommages posthumes

La plupart des grands médias internationaux ont rendu un vibrant hommage à Maryam Mirzakhani à l'annonce de sa mort.

Nous retiendrons que pour Marc Tessier-Lavigne, président de l'Université de Stanford : "Maryam est partie beaucoup trop tôt, mais son influence vivra à travers les milliers de femmes qu'elle a inspirées, leur insufflant le goût des sciences et des mathématiques." 

Terence Tao, médaille Fields 2006, consacre également à la mathématicienne un article émouvant sur son blog (cliquez ici).


©Stanford University

« Plus je passe de temps à faire des maths, plus je suis heureuse. »
Maryam Mirzakhani